De la différence entre vieillir et s’assagir avec le temps

L’Histoire telle qu’on nous l’a racontée est riche en exemple où les patriarches étaient respectés de part la sagesse qu’ils avaient acquise patiemment durant toute leur vie. Une sagesse liée à une existence riche en expériences, en souffrances, en obstacles qu’ils se devaient de franchir par eux même pour perpétuer leur espèce et, plus égoïstement, leur progéniture. Quand le monde était encore soumis aux aléas de la Nature, le temps était encore synonyme de sagesse. De nos jours, la donne a changé. Portés par la mondialisation et la douceur délicate de notre monnaie, tout est possible sans que rien ne soit difficile.

Peut on encore acquérir de la sagesse avec une telle facilité de vie ?

Le rêve d’une sagesse passée

On peut toujours idéaliser un passé perdu, n’empêche qu’il existe une certaine logique à se dire qu’un homme, laissé à lui même dans un monde hostile était forcé de se défendre comme il pouvait et par ses propres moyens. Alors, quant on vieillissait, on gagnait de l’expérience, de la sagesse. On pouvait se permettre de conseiller, on traversait des coups durs en étant dépendant de ses propres forces, de sa capacité personnelle à faire pousser à manger, à isoler sa maison, à s’adapter au climat pour protéger sa famille, ses enfants.

Les déplacements étaient peu développés, on réfléchissait plus avant de bouger. Tout était pensé plusieurs fois car les conséquences ne se réparaient pas en mettant la main au porte monnaie. On perdait des vies, des forces, du temps.

Les vieux étaient sages et pouvaient se permettre de dispenser un enseignement. Mieux, ils étaient entendus.

La sagesse perdue des « personnes âgées »

Aujourd’hui, les vieux sont des « personnes âgées ». Tout le challenge de leur existence a été de se soumettre aux ordres d’une autorité, à des obligations, à ne plus réfléchir quand dans un cadre déterminé pour une cause certes stressante (garder son boulot pour payer ses dettes et garder une cohésion familiale) mais non vital à très court terme, quoiqu’on en pense.

En terme de nourritures, de froid, de maladies, tout se résoud avec de l’argent. Pas de réflexions, les solutions s’imposent d’elles mêmes : on a froid, on achète des radiateurs, des couettes ou des pulls, on les transporte soi même en voiture. On a un problème avec notre voiture, notre appartement, notre mobilier : on fait appel à des professionnels dont « c’est le métier » qui vont s’empresser de se déplacer pour venir nous assister. Et nous facturer.

Notre moyen de transport est notre nouveau moyen de non-réflexion

L’enseignement des personnes âgées

Quel enseignement en tirer pour les générations qui dépendent de ces vieux là ?

En cas de difficulté, il faut de l’argent, cela a réponse à tout. A la faim, au froid, au transport. Rien n’est plus maîtrisable directement: on ne fait plus rien manuellement, il n’y a plus rien à propager qu’une idée d’intégration dans la société via un travail bien rémunéré.

On s’embête à cuisiner alors que les surgelés existent, les fruits sont à disposition : qu’est ce qu’un verger de nos jours ? un futur parking.

Et puis, quelles sont les valeurs transmises par les vieux aujourd’hui ? Ils râlent, parlent d’un passé vide en évènement, citent des phrases inutiles, maigres héritages de leurs ancètres mais qui ont perdus toutes leurs sagesses, se plaignent de leurs dégénérescences logiques, ne pensent plus qu’à eux, consomment car « après eux le déluge », ne veulent plus rien changer dans leur comportement dangereux car pour eux c’est « trop tard ».

Le destin cruel de nos vieux

Alors quel destin pour ces vieux là ? La maison de retraite.

maison retraite vieuxEst ce que leurs enfants ont besoin qu’on leur explique comment faire les choses ? Non ! Il leur suffit de savoir comment gagner de l’argent. Ils n’auront dès lors qu’à se spécialiser dans un boulot qui rapporte, une profession où le geste à faire sera simple et irréfléchi. Bien sûr qu’ils souffriront : un travail abrutissant n’est pas synonyme d’accomplissement de soi, mais ils auront la satisfaction d’avoir suivi un destin parfait à l’image de leurs anciens.

Le destin de leurs aînés, pour eux, est tout tracé. Vu qu’ils ont vécu pour l’argent et que l’idée est transmise, ils ne deviennent, jusqu’à ce qu’ils décèdent et transmettent leur héritage, qu’une charge supplémentaires pour leurs enfants. Logiquement, ils finiront donc isolé, pris en charge par d’autres spécialistes où même l’affection de leurs enfants sera transformé en valeur financière.

S’ils avaient encore quelque chose à apporter, ce serait un crime. Mais là, c’est juste la fin de leur route : on leur a dit comment vivre, se reproduire, avoir des loisirs, se nourrir tout leur vie active, on fera de même jusqu’à leur trépas.

Et puis, sérieusement, pour les jeunes, à quoi bon prolonger la vie de leurs aînés ? Ils représentent la facilité, la soumission à l’agonie, l’abandon devant les pollutions quotidiennes : ils n’ont plus rien à perdre et ne font que mettre en danger la vie des générations suivantes par leur passivité.

Alors oui : gâvons les de médicaments, enfermons les loin des yeux naïfs de nos enfants pour qui tout est encore possible s’il leur reste de quoi choisir, si mamie n’a pas éternuée dans le gâteau de la vie.

Pas d’amalgame !

Il serait facile de généraliser cette constatation à tout la classe âgée et, en mettant cet article en de mauvaises mains, de déclarer la guerre à la sénilité. Ce n’est pas le but. D’une part, il ne tient qu’à eux de changer et de s’extraire de ce schéma de passivité imposé par la société de consommation et de refoulement de ses vrais plaisirs et d’autre part, il existe encore des artisans, des résistants à la consommation aveugle, des producteurs, des actifs polyvalents bien après l’heure de la retraite.

Ce sont eux l’avenir. Surtout quand sera achevée la domination de l’énergie gratuite et accessible à tous.

Gerome Rousseau

Trader sur différents sites depuis plusieurs ans et passionné par le monde du forex.